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Luxation de rotule
La luxation de rotule est une blessure du genou provoquant douleur, instabilité et parfois des récidives nécessitant un avis spécialiste.

Cette pathologie du genou articulaire correspond au déplacement brutal de la rotule hors de son axe normal. La rotule « sort de ses gonds ». Elle compromet la stabilité du genou et peut impacter durablement la reprise des activités sportives ou même de la vie quotidienne si elle n’est pas prise en charge correctement.
Le Dr Thomas Ripoll, chirurgien orthopédiste spécialisé dans la chirurgie du genou et la traumatologie du sport, vous accompagne dans la compréhension, l’évaluation et le traitement de la luxation des rotules.
Luxation de rotule : les causes
Rôle et anatomie de la rotule
La rotule, également appelée patella, est une structure essentielle à la mécanique du genou . Cet os s’articule avec le fémur au sein de la trochlée fémorale et joue un rôle majeur dans l’extension du genou et la transmission des forces du quadriceps. Elle fait partie de l’appareil extenseur du genou.
La rotule agit comme un véritable bras de levier musculaire, améliorant l’efficacité du quadriceps lors de la marche, de la course ou du saut.
Sa stabilité dépend de plusieurs facteurs :
- la forme de la trochlée fémorale,
- les ligaments stabilisateurs, notamment le ligament fémoro-patellaire médial,
- l’équilibre musculaire autour du genou.
Lorsque cet équilibre est rompu, la rotule peut sortir de son axe, le plus souvent vers l’extérieur. Une luxation de rotule du genou perturbe alors brutalement la mécanique articulaire et expose à des lésions secondaires, notamment cartilagineuses ou ligamentaires.

Schéma de luxation de la rotule
Facteurs de risque de luxation
La luxation survient le plus souvent lors d’un traumatisme indirect du genou. Il n’est pas nécessaire de recevoir un choc violent pour se blesser.
Des facteurs anatomiques peuvent également favoriser la blessure.
Les facteurs principaux dit primaire :
La dysplasie de la trochlée correspond à une anomalie de la forme de la trochlée fémorale, qui est plate ou convexe (bombée) au lieu d’être concave (creusée) comme dans une anatomie normale. Il s’agit du principal facteur d’instabilité de la rotule.
On distingue classiquement quatre stades de dysplasie de la trochlée, dont la sévérité influence directement le risque de récidive et les options de prise en charge.
La hauteur rotulienne : Il s’agit du deuxième facteur d’instabilité de la rotule. Normalement, la rotule s’engage dans la trochlée dès les premiers degrés de flexion du genou, où elle est alors stabilisée.
Lorsque la rotule est positionnée trop haut par rapport à la trochlée, cet engagement est retardé, ce qui augmente significativement le risque de luxation.
La distance entre la tubérosité tibiale antérieure, où s’insère le tendon rotulien, et le fond de la trochlée, appelée distance TAGT.
Son augmentation se traduit cliniquement par un alignement anormal entre la rotule et le tendon rotulien, responsable d’un angle pathologique caractéristique
Les facteurs secondaires :
- Trouble de l’axe des membres
- Trouble de torsion des membres
- Dysplasie de rotule
Luxation de la rotule : mécanismes
La luxation de la rotule survient généralement lors d’un mouvement brutal associant flexion et rotation du genou, parfois sans choc direct. Elle est particulièrement fréquente chez les adolescents, les jeunes adultes et les sportifs pratiquant des disciplines dites « de pivot ».
Les mécanismes les plus fréquents sont :
- une rotation brutale du genou, pied bloqué au sol,
- un changement de direction rapide,
- une réception de saut mal contrôlée,
- une chute ou un faux mouvement.
Enfin, une luxation peut survenir dans la vie quotidienne, lors d’une chute ou d’un simple faux pas.
Les sports de pivot comme le football, le handball, le basketball, le rugby ou le ski exposent particulièrement au risque de luxation de rotule du genou.
Le patient décrit souvent une sensation très impressionnante de déboîtement du genou, avec une incapacité immédiate à poursuivre l’activité. On parle à tort de luxation de genou, mais c’est la rotule qui se luxe.
Luxation de rotule : symptômes
Lors d’une luxation de rotule, les symptômes sont généralement évocateurs et permettent d’orienter rapidement le diagnostic.
Le tableau clinique immédiat associe le plus souvent lors de la luxation de rotule :
Douleur vive et brutale
Gonflement rapide du genou lié à l’hémarthrose
Déformation visible de l’articulation
Impossibilité ou une grande difficulté à marcher
Après la réduction de la rotule, la douleur de la luxation de rotule peut persister plusieurs jours ou semaines. Une sensation d’instabilité est fréquemment décrite, avec l’impression que le genou « lâche » lors de certains mouvements.Lors d’une luxation de la rotule, les symptômes ne sont pas toujours proportionnels à la gravité réelle des lésions. Certains patients peuvent reprendre la marche rapidement, tandis que d’autres ressentent une gêne durable malgré une douleur modérée. C’est pourquoi une évaluation spécialisée est essentielle, même lorsque la douleur initiale s’atténue.
Luxation de rotule : prise en charge
Lors de la luxation de la rotule la prise en charge est d’abord celle de l’urgence. La priorité d’une luxation de rotule en urgence est sa réduction. Elle peut être spontanée ou nécessite un geste de réduction par un médecin.

Radiographie d’une luxation de rotule.
La phase initiale et la rééducation
Quelle que soit la suite envisagée, la première étape est médicale. Elle consiste à réduire la rotule, soulager la douleur, lutter contre le gonflement et protéger l’articulation.
Après une luxation de rotule, la rééducation précoce est indispensable pour drainer le genou, récupérer la mobilité, renforcer le quadriceps et le vaste médial et restaurer le contrôle musculaire du genou.

Reconstruction type MPFL
L’option chirurgicale en cas d’instabilité
En cas de récidives, on parle alors d’instabilité objective, un traitement chirurgical peut être proposé. L’objectif est de restaurer la stabilité de la rotule et de prévenir les récidives.
Le Dr Ripoll maîtrise les techniques modernes de stabilisation fémoro-patellaire. La chirurgie la plus fréquemment effectuée est une ligamentoplastie type MPFL pour reconstruire l’aileron interne afin de retenir la rotule dans la trochlée.
On peut y associer une arthroscopie afin d’évaluer le cartilage et un geste d’ostéotomie de la tubérosité tibiale antérieure en fonction des facteurs favorisants. Il s’agit d’une chirurgie « à la carte » adaptée au profil du patient, à ses facteurs de risques primaires et secondaires, à son âge et à ses objectifs fonctionnels, afin d’optimiser les résultats et le retour à l’activité.
Vos questions sur la luxation de rotule
Luxation de la rotule : que faire ?
L’urgence est la réduction. Ensuite une prise en charge rééducative est nécessaire. Une consultation avec un chirurgien spécialiste est nécessaire afin d’évaluer les facteurs de risque.
Comment savoir si j’ai une luxation de rotule ?
Les signes les plus évocateurs sont une douleur brutale, un gonflement rapide du genou et une sensation de déboîtement. Un examen clinique associé à une imagerie permet de confirmer le diagnostic.
Combien de temps dure la guérison après une luxation ?
Lors d’un premier épisode de luxation de rotule, le temps de guérison est en moyenne de 6 à 12 semaines.
Cependant après une luxation de rotule du genou, le temps de guérison dépend de plusieurs paramètres :
– caractère isolé ou récidivant de la luxation,
– présence de lésions associées,
– qualité de la rééducation.
Après une chirurgie pour luxation de rotule, le temps de guérison est de 12 semaines mais dépend aussi des gestes effectués.
La luxation de rotule fait-elle toujours mal ?
La douleur de la luxation de rotule du genou est souvent intense au début, puis diminue progressivement. L’absence de douleur ne signifie pas que le genou est stable. En cas de luxation récidivante la douleur est moindre.
Faut-il obligatoirement se faire opérer ?
Non. La chirurgie n’est pas systématique. Elle est envisagée en cas d’instabilité persistante ou de récidive malgré une rééducation bien conduite.
Après une luxation de rotule, la reprise du sport est-elle envisageable ?
Oui, la majorité des patients reprennent leurs activités sportives après guérison complète et rééducation adaptée, avec un suivi spécialisé.
Si le patient bénéficie d’une chirurgie, il en est de même.
Quels examens d’imagerie effectuer ?
La radiographie est l’examen qui permet de diagnostiquer la lésion. Elle permet aussi d’avoir plusieurs informations sur les facteurs anatomiques de luxation.
L’IRM permet de rechercher des lésions secondaires (cartilage+++)
Le scanner permet de rechercher d’autres facteurs anatomiques de luxation.
Besoin d’un avis spécialisé sur votre genou ?
Devant une instabilité objective, le Dr Ripoll vous reçoit à Nice pour un bilan précis, des explications claires et une prise en charge personnalisée afin de retrouver un genou stable et fonctionnel.